Ca s'danse la tête contre les murs

On ne précise jamais aux gens de combien ils sont fous. On dit juste qu'ils ont perdu la boussole, qu'ils sont à côté de la plaque. Paumés quoi. Alors un peu plus un peu moins, finalement à quoi ca peut servir de savoir?

200412

Il etait une fois...

( à rebosser )

La peinture du Factotum.


C'est à dire que je suis tombé amoureux un lundi.
Au coucher du soleil, donc aux alentours de 8 heures, un truc comme ça.
Billy et moi, on se baladait dans la rue Feldman, non loin de l'Union Station. C'était la première fois que je visitais Chicago. Que je visitais vraiment, je veux dire, sur terre.
Je suis arrivé il y'a trois mois, ma valise toujours pleine, j'étais occupé à marcher pieds nus sur le parquet de mon appartement, à faire les cents pas, sur ce sol qui grince et qui m'énerve. Ou alors je passais mon temps à éteindre cigarette par cigarette, le petit souffle de curiosité qui grondait encore en moi à mon arrivée. Ma curiosité a disparue quand j'ai trouvé un repère dans les égouts, vous savez, un énorme repère. J'en parle pas à grand monde, d'ailleurs je parle pas à grand monde tout court, mais je vous le dit, une cachette digne du plus grand pirate, avec des bouquins, et un tas de cd. Des choses qu'on ne trouve plus de nos jours. Des souvenirs, et des sentiments, essentiellement. Des trucs qui ont étés censurés quoi. Et un peu de réflexion. Oui, de la réflexion, y'en a plus vraiment au dessus, sur terre. Ou alors ils réfléchissent sur les mauvaises choses.
Y'a pas grand monde dans les égouts, la journée. Les gens viennent surtout la nuit, comme si ça changeait quelque chose, c'est bête, car dans tous les cas, on y voit rien. C'est plus excitant peut-être. 'Parait que c'est l'endroit à la mode pour les fraichement-diplomés-sans-boulot. Parait aussi que c'est l'endroit à la mode pour se faire couper la gorge. Ça veut donc dire que les flics ne viennent pas, et que par conséquent, moi je suis dans les parages.
De temps à autre, je vois des gens avec des bottes et des barres en fer, d'autres fois ils ont un cône fumant à la main, et puis un coup sur trois, c'est un couple qui vient .. Ca fait passer le temps, meme si je n'vois pas bien l'intérêt de faire son business-amoureux dans un endroit aussi glauque. Mais après tout, c'est le truc de certains, vous savez... D'être vus à travers le trou d'un mur bétonné, entouré de rats et de leur toxoplasmose, les pieds dans l'eau stagnante. Et pour paysage, des statues peintes avec d'étranges substances, par les plus gros pervers de tout Chicago. Même mes magazines un peu osés, je ne les emmène pas ici, de peur d'y repenser ensuite.

Pour tout dire, si je reste sous terre dans mon petit paradis, c'est que je n'aime pas trop le sourire des gens dans cette ville, pour la simple raison qu'il n'existe pas. Ensuite, je n'aime pas trop les gens de cette ville, ce n'est pas qu'ils n'existent pas, c'est juste qu'ils ne sont pas vraiment humains. Cette petite escapade, dans la rue Feldman, me l'a confirmé, et j'en ai encore la nausée, moi, le mec qui passe ses journées dans les égouts. Qui aurait pensé...


Le soleil se cachait peu à peu, et avec Billy, on s'est tellement enfoncés dans ce Chicago peu fréquentable, que tous ces murs bleus, cette atmosphère glaciale, m'aurait fait presque peur. Pourtant je suis fan de tous ces vieux kino, sur tous ces gangs dans les villes américaines. Si vous aimez un peu, vous voyez vite le topo dans lequel j'étais, avec Christopher Walken en moins, et le prix du verre de scotch en double. Je n'avais plus assez pour m'acheter un cigare, juste pour faire genre. Alors j'ai froncé mes sourcils, histoire d'avoir l'air d'un gangster moi aussi, parceque ca coute moins cher qu'un flingue, et que ca fait un peu peur quand même.
En trouvant les bons raccourcis pour se perdre de tous ces buildings dégueulasses qui puent le fric et le travail à la chaine, on a atterris dans une galerie d'art du nom de "Factotum"
Avec un nom pareil, je m'suis dit qu'il fallait pas que j'y rentre. Et puis, comme je fais souvent le contraire de ce que je dis, j'y ai mis un pied. Puis l'autre. Bon, d'abord le gauche, et ensuite le droit. Question d'habitude, pour que tout se passe bien, vu le fichu pressentiment qui m'habitait.
Bien sur, à l'entrée, on m'a dit que je ne devais pas prendre de nourriture, pas d'appareil photo.
Je trouvais cependant bizarre qu'on me demande de retirer mes chaussures, et qu'on m'interdise de faire le moindre bruit.
Bref, Je me suis retrouvé, là, au milieu de toutes ces oeuvres, j'avais toujours mon sourcil de travers, et ma dent en or faisait de l'œil aux plus encostardé de la pièce. Ils me zieutaient, et retournaient à leur occupation, les yeux pendus aux couleurs des tableaux. J'ai décidé de regarder aussi. Et là, j'ai été scotché, littéralement, au premier regard jeté dans la pièce, sur la peinture aux couleurs chaudes à droite. Je suis tombé amoureux de cette toile, directement. C'était une femme peinte dessus, elle devait avoir la vingtaine, très belle, la lumière donnée par le peintre laissait une impression de douceur intense. Elle était brune, avec un nez sublime. Ses ongles étaient impeccablement dessinés, jusqu'à ses empreintes digitales. Quelle précision.
C'était magnifique, et répugnant à la fois. Si réaliste. Je ressentais du désir, juste en effleurant du regard cette toile. Si j'avais su que ce genre de chose existait, j'aurais trainé plus que ça dans les galeries au lieu de errer dans le musée des horreurs que sont les égouts.


J'ai abandonné peu à peu mon repère en sous-sol pour l'aile ouest de la galerie Factotum. J'y passais plusieurs fois par semaine. Puis, plusieurs fois par jour. Je crois que je suis décidément tombé amoureux de cette toile. Il fallait que je l'achète, que je la vole, qu'importe le moyen, je devais l'avoir entre mes mains. Mais le prix était bien plus élevé que toutes les autres toiles et la surveillance aussi. Il se passait quelque chose entre elle et moi. Ce regard vert voulait dire plus que ça, ils n'était pas vide. Il y'avait une sorte de souffle, à l'intérieur. De chaleur. J'avais l'impression qu'une fois mes yeux dans les siens, il y'avait une réponse. Une réponse à je ne sais pas quoi, mais je mourrais d'envie de comprendre. J'étais envouté. Complétement. J'aurais pu m'évanouir comme pris du syndrome de Stendhal, seulement j'avais trop peur qu'elle disparaisse durant mes quelques minutes d'inconscience.

Je rêvassais donc bêtement depuis quelques heures, mon crane était remplit de divers plans pour m'emparer de ce trésor. Tous plus tordus et impossibles à réaliser les uns que les autres. Me faire passer pour une personne très riche, m'introduire la nuit dans la galerie, voler l'uniforme du gardien, menacer le peintre, imprimer des faux billets, détourner un avion pour faire diversion. Et j'en passe. C'est alors que j'ai entendu quelqu'un parler, rompre le silence de la galerie. Je n'avais pas entendu un seul mot depuis ma première visite.
Cette personne a fait résonner dans le vide, un "Frida, c'est bon, tu peux rentrer chez toi, on ferme plus tôt aujourd'hui".
La toile s'est mise à bouger, la femme s'en est détachée.
Là, comme ça, le sujet s'est arraché de son décor, a mis un peignoir, et s'est en allé en direction des toilettes.
Vous imaginez la claque que j'ai reçue.
La "femme aux doigts de feu" comme il était indiqué sur la plaque en or à coté, était réelle. Elle existait, et elle était là, dans les toilettes à coté de moi. Là ou j'étais allé me soulager un peu plus tot. Ce tableau que j'ai regardé des heures et des heures durant, c'était une femme, une vraie femme, une belle femme, en chair, en os, avec un vrai souffle, un vrai sourire, des vraies courbes, de vrais cheveux à toucher. Elle s'appelait Frida, et chaque jours de 10h30 à 23 heures, elle ne bouge pas d'un cil. Elle reste là, dans l'encadrement en bois de sa toile.

Frida était une œuvre d'art, m'a soufflé un visiteur. C'était son boulot, qu'il a dit. Il avait l'air étonné que je ne le sache pas. Elle était peinte par Max Bridal, originaire de Chicago justement. Il utilisait une peinture qu'il avait créé lui même, indélébile. Ce n'est pas vraiment du tatouage, c'est comme posé sur la peau apparemment, et ça ne part jamais. Il a passé des années entières à trouver la formule parfaite. Et maintenant, il exerçait cette pratique sans scrupules.
Les femmes comme Frida, il y'en avait plusieurs, mais Frida était la seule exposée au factotum. Elle devait chaque matin, manger beaucoup, surtout des pilules, Agatax, Lupidal, Taélius, Ergidé, Opéga-Hantébuc, dans les grandes lignes. C'était des pilules créées avec l'intention de faire diminuer la vitesse du coeur, afin de limiter chaque mouvement et d'offrir une expression figée à celui qui les ingérait. Elles durcissaient la peau, et l'empêchait de bronzer, permettant ainsi au consommateur de rester physiquement intact. Un certain temps du moins.
Aussi, avant de commencer sa journée, Frida ne devait pas boire. Car si elle buvait trop, ses besoins naturels allaient ressurgir, hors il était interdit pour elle de quitter sa place au centre du tableau. C'était son boulot, de rester là devant un public, avec sa peinture sur son corps. Ne pas cligner des yeux, limiter au maximum sa respiration, être insensible à tout. Faire abstraction du monde qui l'entoure, un peu comme moi dans les égouts.
Il y'avait des collectionneurs, m'a dit le visiteur, qui désiraient avoir chaque tableau. Et ces femmes-œuvres d'arts, une fois achetées, devaient rester dans le salon de leur propriétaire à des horaires bien précises, le plus souvent nue, car la peinture adhère mieux, et ce qu'importe la saison et la température. Elles devaient être imperturbables et parfaites. Leur alimentation, quand elle n'était pas constituée de pillules, était très équilibrée, car l'interdiction de grossir et d'ainsi prendre le risque de modifier la peinture sur leurs corps était de mise.

J'étais scandalisé par ce que je venais d'apprendre, c'était terrifiant. Et pourtant j'étais heureux, j'allais pouvoir lui parler. Ni une ni deux, j'ai filmé un jeune couple dans les égouts, en train de s'amuser. Et je les ai fait chanter. J'ai proposé mon silence et la suppression de la vidéo en échange de la bague de fiançailles de la p'tite demoiselle.
J'allais demander Frida en mariage. Elle savait qui j'étais, puisqu'elle me voyait tous les jours. Je pourrais la délivrer de ça, de ce silence. On pourra parler, on pourra se toucher, et s'aimer. Oui. J'allais la demander en mariage, cette femme, que je désirais tant, que j'aimais. Je voulais passer ma vie dans ses cheveux couleur chocolats, enlacé par ses mains de feu. J'ai donc trouvé un costume pas trop sale dans les poubelles de l'Union Station, j'ai mis un coup de peigne dans mes cheveux, et j'ai fait briller ma dent. Histoire d'avoir l'air aussi étincelant que ma convoitée.

Le jour où j'allais faire ma demande, le gardien m'a annoncé que Frida avait sauté d'un pont, nue. Le pont de la rue Feldman, en face de la galerie, a 23h12. C'était à la fin de son service. Le rouge de sa peau s'est mélangé avec le bleu de l'eau glacée. La nouvelle a résonné dans mes oreilles, et le temps que je remette les mots dans l'ordre, j'étais déjà en larmes sur l'épaule du gardien, qui n'avait pas l'air de comprendre ma peine. Lui, avait plutôt perdu un objet de sa collection, moi j'avais perdu mon cœur, il était tombé du pont et s'était brisé.

Ma tête toujours sur son épaule, il m'a dit que les femmes-œuvres d'arts avaient une espérance de vie assez courte, vu leur quotidien très strict. Et qu'elles mouraient généralement très jeunes. Souvent, elles se tailladaient le visage, et le corps, à la vue des rides qui se formaient sur leur peau. Arrivées trente ans, elles n'étaient plus aussi belles, ça devait leur faire un choc, de passer d'une beauté presque divine à de vulgaires bout de chairs colorés et animés. Les collectionneurs commençaient d'ailleurs à s'inquiéter, lorsqu'elles arrivaient à 28 ans. Leur objectif premier était une mort par over-dose d'un quelconque médicaments, généralement le Taélius. C'était leur préféré, car il n'abimait pas trop la peau. Ça restait "naturel" aux yeux des autres, plutôt discret. Mais souvent ils les empoisonnaient, c'était la coutume. Une fois mortes, ils préservaient leurs corps. Ceux-ci qui appartenaient à leurs propriétaires, qui étaient donc en droit d'en faire tous ce qu'ils voulaient, notamment les plonger dans des vitrines remplies de formol, au beau milieu d'un salon design.

Ce que j'ai appris, au détour de la rue Feldman, c'était vraiment dégueulasse. Pire que tout ce que j'avais pu voir dans les égouts... Alors, si vous croisez, au détour d'une rue, une femme magnifique à la peau recouverte d'une étrange peinture, écoutez attentivement le cri dans son regard, et s'il vous plait, sauvez-là de ma part.

 


Il etait une fois...


Tout ce cirque pour un stylo tombé au sol.


J'ai toujours été maladroit. Je vous jure, je l'ai toujours été. C'est pas d'ma faute.

- Ainsi, vous étiez, mardi 16 janvier 1998, sur le pont des Météorites?

- Je tombe souvent des chaises, je n'y peux rien.

- Vous ne répondez pas à ma question, Monsieur Renard. Etiez-vous, oui ou non, sur le pont des Météorites, la semaine dernière, le 16 janvier, aux alentours de 17h30 ?

- C'est pareil pour mes stylos, ils tombent sans arrêt. Tout le temps, comme ça, par magie. Boum ! Comme si, j'sais pas, quelqu'un les poussait à ma place. Bon c'est vrai. Au début, j'avais l'impression que j'étais juste maladroit.

- Vous avouez donc ?

- J'avoue quoi ? D'être né avec deux bras gauches ? 'Faut en parler à ma mère ça, monsieur, ce n'est pas moi qu'il faut embêter. Je ne suis que le résultat de cette triste expérience qu'est la grossesse. Oui. Et j'ai deux bras gauches. Et les mains qui vont avec. Mais ce n'est pas ma faute, pas ma faute...

- Cessez donc ce cirque, et répondez à ma question, vous avouez donc ?

- Que j'avoue quoi ? Être coupable d'être né, moi, Maurice Renard, aux alentours de 11 heures, à l'hôpital Serge Carnaval ? Je n'y peux rien ! Vous faites erreur dans le service après vente, Monsieur ! Regardez... Vous me dites que c'est le cirque partout où je passe...

- Oui enfin, si ce n'était qu'un cirque, vous ne seriez pas là aujourd'hui ...

- Laissez moi finir, genre, oui vous avez raison, c'est le cirque sur mon passage, tous les jours, tout le temps. Ils arrivent, là, et devinez ce qu'ils font? Ils plantent carrément les piquets, ils emmènent les tigres aux grosses dents, les danseuses toutes mignonnes dans leurs petits tutus. Il arrivent avec leur maquillage et leurs costumes, leurs paillettes et leur talc qui pue. Il pue leur talc, vraiment ! Et moi, je suis là, et je demande juste à être tranquille, je veux qu'on me laisse en paix. J'en veux plus de ce cirque, qui bourdonne dans ma tête jusqu'à 7 heures tous les matins. Ting ting ting, les marteaux qui résonnent sous le chapiteau. Vous imaginez pas tout le grabuge qu'ils font ! Non, vous, vous ne pouvez pas comprendre...

- Vous rejetez la faute sur ces gens du voyage ?

- Ce n'est pas exactement ça, je dis juste qu'ils me suivent tout le temps. Je me sens un peu traqué. Genre, je suis leur dernier numéro, je ne suis pas le clown triste, ni le clown méchant, je suis le maladroit. Celui qui fait tout tomber sur son passage. Le clou spectacle !

- On en arrive au point intéressant.. Vous pouvez développer?

- Ben j'veux dire, je suis souvent tout seul dans mon jardin, là, à arroser mon arbre à coeur avec le reste de thé de mon petit déjeuner, et je les entends, ils arrivent. Comme ça, dans mon jardin. Vous imaginez, vous, un cirque qui débarque, là, au beau milieu de votre propriété ?

- Mais comment rentrent-ils tous ?

- Vous ne pouvez pas comprendre.. Alors ca m'énerve, et je fais tomber ma tasse. Du coup, ca me brise le coeur, et je m'énerve encore plus. Et mon peignoir tombe. Et tous les matins, c'est la même chose, je casse une tasse, et me retrouve nu, face à la voisine d'en face. Surprise, elle fait tomber ses mots croisés par terre.

- Et c'est tout? Je vous soupçonne de changer de sujet, et de me prendre pour un imbécile.

- Mais non, mais non ce n'est pas tout. J'ai d'abord pensé, que j'étais maladroit ! Et puis, plus je faisais tomber des choses, stylos, livres, vêtements, clefs de maison, chapeaux, bijoux, plus je me rends compte qu'en fait...

- Qu'en fait ?

- Qu'en fait, j'aimais ça. Je voulais passer ma vie à faire tomber des choses.

- Alors vous avouez donc ?

- J'avoue quoi ? Éprouver une certaine satisfaction à voir les choses au sol ? Mais nous sommes tous des animaux Monsieur, les objets, ce n'est pas fait pour rester en hauteur..

- Ne soyez pas absurde.

- Je disais donc, que j'éprouvais une certaine satisfaction à voir les choses au sol. A les faire tomber. Quoi de plus beau que le bruit mélodieux d'une assiette qui se casse? J'en ai assez d'être gentil. J'en ai assez d'être maladroit. Je veux, être méchant. Et je me suis rendu compte, que ma voisine, n'était pas contente quand elle faisait tomber ses mots croisés édition delux.

- Vous n'avez jamais pensé à .. voir Quelqu'un ?

- Comment ça voir quelqu'un ?

- Vous savez ... Quelqu'un.

- Ah. Ma mère, était inquiète, à cause du cirque. Elle ne le voyait pas. Vous savez, le cirque dans mon jardin. Elle ne l'entendais pas. Comment peut-on ne pas le voir ? Le talc, et son odeur .. Comment ne pas le sentir ?

- Oui oui, je sais, le talc qui pue.. Continuez.

- Et bien, elle m'a dit, ensuite, que j'avais attrapé une angine, et qu'il fallait que j'aille voir le docteur Cagette. J'y suis allé.

- Et ?

- Et je n'avais pas d'angine.

- ....

- Par contre, il me parlait, parlait, parlait. Il est encore pire que moi. Et entre ses dents, j'ai entendu des syndrome .. Syndrome.. Ah, qu'est-ce qu'il disait déjà... Syndrome du manque d'attention. C'est ça. Mais expliquez moi, comment voulez vous être atteint du syndrome du manque d'attention, quand un CIRQUE ENTIER vient chez vous ? Hein ? Qu'il est jaloux, ce vilain docteur. Je lui offre mon cirque si il veut, les tutus et les paillettes qui vont avec.

- Soit .. Et que vous a-t-il dit de plus, Monsieur Renard ?

- Je n'sais plus, j'étais outrageusement vexé par ses propos. Alors il m'a regardé de derrière ses lunettes et ses lèvres ont bougées. J'ai entendu " Fais tomber mon café ".

- Alors ?

- Alors je l'ai fait tomber, que vouliez vous que je fasse d'autre ? Et c'était beau. Je me sentais bien. Alors quand je suis sorti, j'ai pris mon sac, et je l'ai lancé au sol. Et puis après, j'ai tout fait tomber par terre. Je voulais tout voir sur le goudron. Les journaux des passants, les baguettes de pain, les cigarettes de monsieur, le chapeau de madame, les étagères dans la bibliothèque, les grands-mère dans le bus. Tout. Et j'y a pris un pied monstrueux. Un pied comme je n'en avais jamais pris auparavant. Mieux que les femmes, Monsieur, je vous jure, j'avais tout le monde. Tout le monde à mes pieds.

- Quel jour êtes-vous allé consulter le docteur Cagette ?

- Lundi dernier Monsieur... Non. attendez, c'était mardi. Mais ce n'est pas bien important.. Vous n'êtes pas plutôt intéressé par la jouissance de cet acte ? Je veux dire, vous ne voulez pas ressentir la même chose ? C'était quand même sacrément bon !

- Mardi 16 ?

- Très probablement oui. Vous savez, les chiffres et moi .. Vous êtes vraiment rabat-joie.. vous ne souhaitez pas connaitre le bonheur. Vous êtes jaloux, c'est tout.

- Et vous êtes rentré par le pont de Météorites, pour revenir à votre domicile ?

- C'est à dire qu'après avoir fait tomber tant de choses, je commençais à avoir le pantalon tout sale. J'avais du café sur moi, de la terre, de la nourriture. C'est pas tout propre.. Et le pont des Météorites, c'est mon raccourci secret pour ne pas passer devant le cirque, et surtout pour arriver très rapidement chez moi.. Pourquoi cette question ?

- Monsieur Renard, vous allez devoir me répondre, clairement et distinctement. Êtes vous coupable du meurtre de Monsieur Henri Millequant ? L'avez vous, oui ou non, poussé et fait tomber du pont des Météorites, le Mardi 16 janvier à 17 heures précises?

- C'est à dire, Monsieur le juge, qu'il portait un nez de clown.

150412

Il etait une fois...

BONJOUR !

Pour tout vous avouer, je cherche quelqu'un pourrait m'aider à faire une page avec des liens. A faire une nouvelle page, jolie quoi, et pratique.

Histoire de faire une partie photo, une autre projets à coté, et une autre écriture.

 

Voila, contactez-moi ici si vous voulez/pouvez m'aider.

Merci.

 

Claude H.

 

260312

Il etait une fois...

Je viens de remarquer ces derniers jours que des personnes m'avaient ajoutée dans leurs favoris, ou alors se remettaient à lire mon blog.

J'en suis vraiment contente! Je le pensais en ruines abandonnées.

C'est pourquoi, j'annonce pour-de-vrai qu'il va reprendre du service.

Bon ca ne sera pas grand chose non plus, mais je vais y faire un petit nettoyage, déjà.

(et si quelqu'un aurait l'envie de m'expliquer comment on fait des fichues catégories... j'en serais vraiment heureuse, HAHA)